Question :

Dans le logiciel LISE PV, lors de l’utilisation du mode de pose 63 (câbles enterrés avec protection mécanique) la mention des câbles faiblement chargé apparait. Or dans la norme, il ne nous semble pas clair qu’il est possible d’utiliser cette caractéristique. S’il est bien possible de le considérer, cela signifie que lorsque qu’un câble est faiblement chargé, il est possible de se passer du coefficient du tableau 52R de la norme C 15-100 ? 

De plus, LISE PV utilise, pour calculer la charge du câble, le courant Iscmax. Or la norme stipule d’utiliser le courant d’emploi. Ne pouvons-nous pas utiliser simplement le courant Impp (à la limite Impp max – avec le facteur de température) ?


Réponse :

Vous soulevez en fait 3 questions à propos du §523.4.5, qui indique de ne pas tenir compte des circuits faiblement chargés pour appliquer les facteurs de groupements de câbles :
1 - les 30% et 70% de taux de charge "limite" s'entendent-ils avant ou après application de ces tableaux (du coefficient de groupement) ?

2 - les tableaux 52N et 52T sont cités mais pas le 52R, alors qu'il apparaît naturel qu'il soit aussi concerné ?
3 - pour le cas du photovoltaïque, quel courant doit-on considérer ? Impp, IscMax ?

La 1ère question a été traitée à l'UTE en GT15B. Voici la réponse apportée par le GT15B et portée au compte-rendu de la réunion du 24 septembre 2013 :
"Conclusion :
Le groupe de travail conclut qu’il faut envisager le dimensionnement de chaque canalisation
individuellement avant la prise en compte du coefficient de groupement Kg vis-à-vis du
rapport Ib/I’z. La valeur de ce rapport comparé aux seuils 30% et 70% (voir 523.4.5) conduit à la
prise en compte ou non du coefficient Kg."


Cette réponse indique qu'on calcule le taux de charge des câbles sans appliquer Kg.
Mais la dernière phrase de la réponse revient à dire que lorsqu'un câble est faiblement chargé, il est inutile de calculer son coefficient de groupement car il ne sera jamais plus petit que le taux de charge. Cela sous-entendrait que Kg ne descend jamais en dessous de 0,3 pour les méthodes B et D ou 0,7 pour les méthodes C, E et F, ce qui n'est pas tout à fait vrai (voir les cas de plus de 12 câbles enterrés dans le même conduit dans le tableau 52T). Et surtout cela n'apporterait rien de nouveau aux règles précédentes de la NF C15-00, le paragraphe n'aurait donc aucun intérêt.
Seul le début de la réponse est important à nos yeux : elle confirme qu'on calcule le taux de charge avant application de Kg. Et rien n'empêche d'appliquer Kg au calcul du courant admissible sur un câble faiblement chargé, cela ira dans le sens de la sécurité.
En revanche notre interprétation de la NF C15-100 est plutôt la suivante :
Il nous semble que l'esprit de ce paragraphe est de ne comptabiliser les voisins du circuit en cours d'étude que si ils présentent un échauffement significatif pour ce circuit.
Le taux de charge d'un câble individuel se calcule avant d'appliquer le coefficient de groupement (sur ce point nous sommes d'accord avec la conclusion du GT15B), sinon on aurait un problème parfois insoluble : si on étudie un circuit C1, on veut connaître le taux de charge de ses voisins C2, C3,... Cn pour savoir si on les comptabilise dans le coefficient de groupement du circuit C1. Si le taux de charge de C2 est calculé avant application de son propre coefficient de groupement, c'est un problème facile, sinon il faudrait d'abord calculer son propre coefficient de groupement, qui dépendra du fait qu'on comptabilise ou pas C1, dont on ne connaît pas encore le coefficient de groupement ! C'est aussi une question de bon sens : le taux de charge d'un câble (pris individuellement) est une notion qui ne devrait dépendre que de ses propres caractéristiques, pas de celles de ses voisins.
On calcule donc le taux de charge de tous les circuits d'un groupement avant d'appliquer Kg.
On ne comptabilise ensuite que ceux qui dépassent 30% ou 70% pour déterminer le coefficient Kg du groupement, et on applique le même Kg à tous les câbles du groupement pour calculer leur courant admissible définitif (Iz).


Nous aurions donc plutôt rédigé la réponse ainsi (et ce n'est pas très éloigné de la réponse proposée par le GT15B) :
"... conclut qu’il faut calculer le taux de charge de chaque canalisation
individuellement avant la prise en compte du coefficient de groupement Kg vis-à-vis du
rapport Ib/I’z. Pour chaque câble du groupement, la valeur de ce rapport comparé aux seuils 30% et 70% (voir 523.4.5) conduit à comptabiliser ou non le câble dans le calcul du coefficient Kg du groupement."

L'utilisateur de LISE reste libre d'appliquer l'interprétation qu'il souhaite en renseignant la donnée "Circuits groupés supplémentaires" de chaque circuit conformément à son choix.

Les autres questions n'ayant pas été abordées à l'AFNOR à ce jour, nous ne pouvons donner qu'un avis et indiquer les choix qui ont été faits dans LISE :


2 : selon nous on peut appliquer le §523.4.5 au tableau 52R avec la limite de 30%. En effet la phrase du paragraphe mentionne les méthodes de référence B et D dans leur ensemble, et c'est seulement entre parenthèses qu'il est précisé "voir aussi le tableau 52T" Par ailleurs il manquerait aussi une référence aux tableaux 52P et 52Q. Quoi qu'il en soit, LISE indique simplement le taux de charge des câbles quelque-soit le mode de pose, et ne prend pas de décision à ce sujet, c'est à l'utilisateur de LISE de choisir quels circuits il comptabilise dans "Circuits groupés supplémentaires".

3 : dans le guide AFNOR C15-712-1, partout où il est question de dimensionnement, c'est le courant IscMax qui est considéré. Impp ne sert qu'au calcul de la chute de tension. L'esprit de ce texte est que l'installation doit supporter sans dommages un fonctionnement prolongé en court-circuit dans les pires conditions (les courts-circuits ne provoquent pas systématiquement l'ouverture des protections). Il apparaît donc naturel de tenir compte de IscMax et non pas de Impp, et c'est ce que fait LISE. C'est aussi le choix le plus sécuritaire que nous pouvions faire.